Annonce de droits de douane supportables et publications de résultats solides soulagent les investisseurs
Le mois de juillet 2025 s’est déroulé dans un environnement globalement favorable pour la poursuite de la progression des actifs risqués, portés par une combinaison d’éléments stabilisateurs : une inflation contenue, des publications de résultats solides, et surtout, une clarification du cadre commercial international. Malgré le contexte géopolitique toujours tendu, en particulier au Moyen-Orient, les investisseurs ont, pour l’instant, privilégié la lecture d’un scénario de résilience économique plutôt que celui d’une fragmentation durable.
L’événement majeur fut le retour sur le devant de la scène des accords commerciaux « bilatéraux » annoncés successivement par l’administration Trump, d’abord avec le Vietnam, puis avec le Japon, et enfin avec l’Union européenne. Ces accords entérinent des niveaux de taxation proches de 20 % contre environ 2,5% en moyenne avant 2017. La plupart des importations, dont l’UE, est soumise à un taux de 15 % supportable. Les marchés ont salué l’instauration d’un cadre plus lisible et moins sujet à l’improvisation, qui permet de mieux évaluer les perspectives des entreprises.
Cela s’est immédiatement reflété dans les communications à l’occasion des résultats du deuxième trimestre. Près de 80 % des sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats à fin juillet ont dépassé les attentes, tant en termes de bénéfices que de chiffre d’affaires. Ce taux, supérieur à la moyenne historique, a joué un rôle central dans le soutien au marché américain, où les indices S&P 500 et Nasdaq ont inscrit de nouveaux records, tirés notamment par les géants technologiques comme Microsoft, Meta ou Nvidia.
En Europe, les indices actions ont progressé malgré une exposition plus directe à certaines mesures tarifaires. En Asie, la levée partielle des restrictions technologiques américaines envers la Chine a stimulé le secteur technologique et les valeurs exportatrices. La reprise progressive de l’économie chinoise, alimentée par des mesures de soutien ciblées et une stabilisation du marché immobilier, a également rassuré les investisseurs sur la trajectoire de la croissance régionale.
Coté macroéconomique, les données de juillet ont confirmé une modération de l’inflation dans les principales zones économiques. Aux États-Unis, l’inflation cœur est ressortie à 2,9 % en glissement annuel, légèrement en dessous des attentes. L’impact des nouvelles barrières tarifaires reste limité, les entreprises parvenant à en amortir certains effets via des ajustements logistiques. Le taux effectif acquitté sur les importations s’établit autour de 10 % selon les premières estimations.
En zone euro, l’inflation annuelle est restée stable à 2,0 %, légèrement au-dessus des attentes. La BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés en juillet, clôturant un cycle de huit baisses entamées en 2024. Le taux de dépôt s’établit désormais à 2,0 %, niveau le plus bas depuis fin 2022.
Sur le marché des changes, le dollar a poursuivi son renforcement, soutenu par l’effet combiné d’un différentiel de taux d’intérêt favorable, d’un regain d’appétit pour les actifs américains, et d’une recherche de valeurs refuges face aux tensions géopolitiques. Ce mouvement a contribué à la sortie de capitaux de certaines zones émergentes et à une sous-performance relative des fonds actions européens.
Les matières premières ont évolué de façon divergente. Le pétrole a fortement progressé (+6,7 % sur le mois), en réaction aux nouvelles tensions au Moyen-Orient et à la menace de perturbations de l’approvisionnement. En revanche, l’or a reculé (-1,5 %), pénalisé par la hausse du dollar et une baisse relative de l’aversion au risque.
Enfin, les marchés obligataires ont connu une période de calme relatif. Les rendements souverains se sont légèrement détendus, en ligne avec la surprise baissière sur l’inflation. Le crédit investment grade a profité de cette accalmie, avec un retour des flux sur les obligations d’entreprise, en particulier aux États-Unis.
En synthèse, juillet 2025 a été un mois de normalisation apparente, dans un environnement qui reste pourtant semé d’incertitudes. Les marchés privilégient, pour l’instant, un scénario de croissance modérée, soutenu par des fondamentaux solides et une meilleure lisibilité du cadre géopolitique et réglementaire.