Un début d’année encourageant pour les marchés financiers
Le mois de janvier a été marqué par une volatilité élevée sur les marchés financiers, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues avec l’Iran et de repositionnement progressif des anticipations macroéconomiques. Malgré cet environnement, l’appétit pour le risque des investisseurs s’est renforcé au fil du mois, soutenu par des indicateurs d’activité meilleurs qu’attendu et par des données d’inflation globalement modérées.
Sur le plan macroéconomique, les publications ont majoritairement surpris à la hausse. Aux États-Unis, les créations d’emplois se sont révélées légèrement inférieures aux attentes, mais le taux de chômage a reculé à 4,4%. En parallèle, la production industrielle a dépassé les anticipations, tant aux États-Unis qu’en Allemagne, et les commandes manufacturières ont montré des signes d’accélération, suggérant une amélioration progressive du cycle industriel.
En zone euro, la croissance a également surpris positivement. Le PIB réel a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre, au-delà des attentes du consensus. Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance de la zone euro s’est établie à 1,5 %, un niveau supérieur aux anticipations initiales, malgré des dynamiques hétérogènes entre les États membres.
Les données d’inflation confirment la désinflation. L’inflation en zone euro est ressortie à 1,9 % en décembre 2025, contre 2,1 % en novembre, proche de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne. Aux États-Unis, l’inflation est restée stable autour de 2,7 %, sans signal de réaccélération. Dans ce contexte, la communication des banques centrales est restée prudente et équilibrée. Aux États-Unis, la Réserve fédérale maintient ses taux inchangés, dans l’attente de la nomination par l’administration Trump d’un nouveau Président pour prendre la suite de Jerome Powell. Le débat reste vif autour de son indépendance, mais cela n’affecte en rien sa crédibilité opérationnelle de la FED.
En Europe, les valeurs de croissance ont surperformé les valeurs cycliques, à contre tendance de celle observée depuis le début de l’année 2022, dans un contexte de remontée des taux d’intérêt et de hausse des prix des matières premières. Les marchés européens ont progressé sur le mois, au prix toutefois d’une volatilité élevée, alimentée par des tensions géopolitiques persistantes, notamment autour du Venezuela, de l’Iran et du Groenland. Dans ce contexte, les marchés des matières premières ont vivement réagi : le pétrole a enregistré sa plus forte hausse mensuelle depuis quatre ans.
À l’inverse, aux États-Unis, le style ‘value’ a poursuivi sa surperformance face au style croissance pour le troisième mois consécutif, prolongeant le rééquilibrage d’un marché longtemps dominé par les valeurs technologiques. Une rotation sectorielle s’est amorcée, affectant notamment les valeurs de logiciels, dans un contexte d’interrogations sur les modèles économiques du SaaS. Les investissements massifs dans l’intelligence artificielle annoncés par les grands acteurs du cloud suscitent des doutes quant au rythme de retour sur investissement, pesant sur le secteur. Les marchés actions américains ont terminé le mois en hausse, mais ont sous-performé les autres grandes zones géographiques.
Enfin, les marchés actions de la région Asie-Pacifique ont affiché de solides performances. La Corée du Sud et Taïwan ont bénéficié de l’accélération de la demande liée aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle. Les marchés chinois ont progressé malgré des indicateurs domestiques contrastés, soutenus par la résilience des exportations et par les anticipations de nouvelles mesures de soutien. À l’inverse, l’Inde a sous-performé, pénalisée par une dynamique bénéficiaire moins favorable et des pressions persistantes sur la devise.
Coté obligataire, les marchés ont bénéficié de l’apaisement des pressions inflationnistes. Les emprunts d’État français ont affiché une bonne tenue en fin de période, malgré la persistance de préoccupations budgétaires à long terme à la suite du recours à des mesures exceptionnelles pour faire adopter le budget 2026. Les marchés du crédit ont également enregistré des performances positives, portées par le resserrement des spreads et par un portage redevenu attractif.
En conclusion, le début de l’année 2026 a été volatil, mais il s’est accompagné d’un regain clair d’appétit pour le risque. Portés par des indicateurs économiques solides et une inflation globalement maîtrisée, les marchés actions mondiaux ont progressé. La dynamique s’est élargie au-delà des grandes capitalisations américaines, avec une surperformance des marchés émergents, du Japon et des petites et moyennes capitalisations.

