Edito

Les bonnes performances de 2025 tiennent mais sans rallye de fin d’année

Le mois de décembre 2025 s’est inscrit dans un climat d’attentisme sur les marchés financiers mondiaux. Les grands indices actions ont bien progressé, malgré le contexte contrasté des signaux macroéconomiques et les incertitudes géopolitiques persistantes. L’inflation montre des signes d’apaisement, tandis que principales les banques centrales ont entamé une phase moins restrictive, alimentant un regain d’optimisme.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale a procédé à une baisse de 25 points de base de son taux directeur, désormais compris entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agit de la troisième baisse en 2025. Parallèlement, la croissance américaine a confirmé sa vigueur, avec un PIB annualisé de +4,3 % au troisième trimestre, tiré par la consommation, les exportations et la dépense publique.

En zone euro, l’inflation a également poursuivi sa décrue avec un indice harmonisé à 2,1 % en novembre. Cette stabilité des prix, combinée à une légère révision en hausse de la croissance trimestrielle, montre une conjoncture modeste mais résiliente. L’emploi a tenu, avec un taux de chômage stable à 6,4 %. La BCE a laissé ses taux inchangés pour la quatrième réunion consécutive, maintenant le taux de refinancement à 2,15 % et le taux de dépôt à 2,00 %. Elle a toutefois ouvert la voie à une baisse de taux au premier semestre 2026 si les tendances actuelles se confirment.

En Chine, la dynamique économique a montré des signes de stabilisation. L’inflation est remontée à +0,7 % en novembre, portée par les prix de l’alimentation et de l’énergie. La croissance a surpris positivement avec +1,1 % au troisième trimestre en rythme trimestriel, soutenue par des mesures ciblées de relance et une amélioration de la consommation domestique. La Banque populaire de Chine a conservé une politique accommodante, maintenant ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas.

La Banque du Japon est à contre-courant, relevant son taux directeur de 25 points de base à 0,75 %, un plus haut depuis 1995. Cette décision intervient du fait d’une inflation soutenue à 2,9 % en novembre. Elle estime qu’un début de normalisation est désormais envisageable, dans un cadre de croissance modérée et de sortie progressive des politiques ultra-expansionnistes menées depuis plusieurs années.

Enfin, les matières premières ont évolué de manière différée. L’or a poursuivi sa progression, soutenu par les achats des banques centrales et la recherche de valeur refuge dans un environnement toujours incertain. Le baril de pétrole est resté stable, avec une offre globalement abondante qui a permis d’absorber les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.

Ce mois de décembre marque la fin d’un exercice 2025 qui se conclut bien mieux que ce que l’on aurait pu craindre en début d’année. Les entreprises européennes ont stabilisé leurs bénéfices, malgré les tarifs douaniers et la forte baisse du dollar, en particulier au premier semestre, après des niveaux historiquement élevés atteints en 2024. Surtout, les attentes pour 2026 du consensus ouvrent la porte à une progression supérieure à 13 % des bénéfices des entreprises européennes. Ce chiffre est bien plus optimiste que l’ambiance morose qui touche la microéconomie, notamment en France, et devrait nous porter en début d’année.